Publié le 30 janvier 2026
Depuis plusieurs années, l’officine est devenue un acteur central dans la stratégie nationale de vaccination. Après des débuts limités à la grippe et au Covid-19, le cadre réglementaire a connu une nouvelle évolution majeure fin 2024. En effet, les préparateurs en pharmacie se sont vu officiellement confier l’administration de l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal, sous certaines conditions.
Cette extension de l’activité représente un tournant pour la santé publique et pour la profession. Elle renforce l’accès aux vaccinations sur le territoire, tout en soulignant l’importance d’une formation rigoureuse et du respect des protocoles par l’ensemble des professionnels de l’officine.
L’élargissement des compétences vaccinales des professionnels de santé en officine est le fruit de textes législatifs majeurs. La « loi Rist » et des arrêtés successifs ont progressivement modifié le code de la santé publique pour permettre aux pharmaciens et aux préparateurs de jouer un rôle accru.
Historiquement, seul le pharmacien était autorisé à réaliser l’acte vaccinal en officine. Cependant, l’évolution réglementaire a clairement défini un partage des rôles :
– Le pharmacien : Il peut, depuis juillet 2023, après une formation spécifique et sous réserve d’être enregistré auprès de l’Ordre des Pharmaciens, administrer l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal pour les patients de 11 ans et plus (dès 5 ans pour le vaccin Covid-19). Il a également la compétence de la prescription pour certains vaccins. Il conserve la responsabilité légale de l’activité vaccinale au sein de l’officine.
– Le préparateur en pharmacie : Depuis décembre 2024, il est autorisé à administrer l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal (pour les mêmes tranches d’âge) à la condition expresse d’être supervisé par un pharmacien formé à la vaccination présent sur le lieu d’exercice. L’obtention d’une attestation de formation spécifique est également obligatoire.
Cela inclut :
– Le vaccin contre la grippe saisonnière.
– Les vaccins contre le Covid-19.
– L’ensemble des autres vaccins inscrits dans le calendrier vaccinal (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, papillomavirus, etc.) pour les personnes de 11 ans et plus (5 ans et plus pour le Covid-19).
Cette large liste permet à l’officine de devenir un véritable guichet unique de la vaccination, facilitant la mise à jour du statut vaccinal des patients. Le pharmacien ne peut pas administrer ni les vaccins vivants atténués à des personnes immunodéprimées ni les vaccins du voyageur.
L’acte de vaccination est un acte de santé qui impose des obligations strictes de traçabilité et de déclaration. Ces étapes garantissent le suivi du patient et la pharmacovigilance :
– Recueil du consentement : Le consentement libre et éclairé du patient (ou de son représentant légal) doit être recueilli avant toute injection.
– Enregistrement dans « Mon Espace Santé » : Le pharmacien doit enregistrer l’acte « Mon Espace Santé », précisant la date, le vaccin administré (nom, lot) et le professionnel qui a réalisé l’acte.
Le non-respect de ces procédures, notamment l’absence de déclaration, engage la responsabilité de l’officine.
Le rôle du préparateur en pharmacie ne se limite pas à la seule administration du vaccin. Il s’étend à la promotion de la vaccination auprès de la population, à la préparation logistique et au suivi de l’acte.
L’injection nécessite un protocole d’hygiène et de mise en œuvre précis. Le préparateur formé est compétent pour :
– Préparer le vaccin (reconstitution si nécessaire).
– Vérifier le bon état et la péremption du produit.
– Disposer le matériel nécessaire (liste exhaustive : seringue, aiguille, compresses, antiseptique, poubelle Dasri, seringue d’adrénaline etc.).
– Assurer l’aménagement et la désinfection de l’espace de vaccination avant l’arrivée du patient.
Le rôle d’accueil du patient est essentiel. Le préparateur assure une prise en charge globale :
– Vérifier l’identité du patient et son éligibilité (âge, état de santé).
– Répondre aux questions courantes, expliquer le déroulement de l’acte.
– Recueillir le consentement oral du patient.
– Assurer la surveillance post-injection (pendant 15 minutes pour certains vaccins) et gérer les éventuelles réactions immédiates (malaise, etc.). La formation doit inclure la gestion des réactions anaphylactiques.
Bien que seul le pharmacien puisse valider l’enregistrement dans le DP « Mon Espace Santé », le préparateur formé joue un rôle de soutien indispensable :
– Transmettre rapidement les infos relatives à l’injection (date, heure, site d’injection, lot du vaccin) au pharmacien pour la déclaration.
– Aider à la gestion des stocks de vaccins en respectant la chaîne du froid.
Pour intégrer l’activité de vaccination au quotidien, l’officine doit revoir son organisation.
Il est crucial d’intégrer la vaccination aux autres activités de l’officine sans créer de perturbation. La mise en place d’un système de prise de rendez-vous est fortement recommandée. Ce planning doit tenir compte :
– De la présence d’un pharmacien formé et disponible pour la supervision.
– Du temps nécessaire pour l’acte lui-même et pour la surveillance post-injection (15 minutes dans certains cas).
L’injection est un acte qui requiert confidentialité et intimité. L’officine doit disposer d’un espace dédié (clos et isolé phoniquement) permettant le respect de la dignité du patient et des règles d’hygiène.
Le respect strict des protocoles d’hygiène est non négociable. Le préparateur et le pharmacien doivent suivre les recommandations en matière d’hygiène des mains, d’utilisation de gants (si besoin) et de gestion des déchets biologiques (Dasri). La formation obligatoire insiste particulièrement sur ces techniques vaccinales.
Une communication claire et empathique est essentielle pour le succès de l’activité vaccinale.
L’explication doit être simple, rassurante et informative. Le préparateur peut détailler :
– Le site d’injection (muscle deltoïde).
– La technique (injection intramusculaire, geste rapide).
– La nécessité de rester 15 minutes après l’injection dans certains cas.
Beaucoup de patients ont peur des aiguilles. Le rôle du préparateur est vital :
– Adopter un ton calme et professionnel.
– Employer des techniques de diversion (parler d’autre chose).
– Proposer au patient une position confortable (allongée si nécessaire).
Le professionnel doit délivrer des messages de prévention après l’acte :
– Rappeler les effets secondaires possibles (douleur locale, fièvre légère).
– Insister sur l’importance de la mise à jour du calendrier vaccinal (prochaine dose, autres vaccins à faire).
– Orienter vers le médecin traitant en cas de réaction anormale ou persistante.
L’extension des compétences vaccinales des préparateurs est un pas décisif pour la santé publique. Elle exige cependant une montée en compétence de l’équipe officinale.
Pour répondre à cette nouvelle activité, une formation ciblée, complète et conforme au décret est indispensable. Elle garantit que chaque préparateur maîtrise le cadre légal, les protocoles techniques et la gestion du patient, assurant ainsi la sécurité et la qualité de l’acte vaccinal. Seul le respect de ces objectifs pédagogiques permettra aux officines de remplir pleinement leur rôle de proximité.
CERP Rouen Formation vous propose des programmes ciblés et conformes à la législation, obligatoires pour les préparateurs afin de maîtriser l’ensemble des recommandations et techniques vaccinales du calendrier vaccinal. En tant que préparateur, rejoignez notre formation “Administration des vaccins” et, pour aller plus loin sur les techniques de communication optimales, notre formation “Promotion de la vaccination”.
Oui, depuis décembre 2024, le préparateur en pharmacie est autorisé à administrer l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal pour les patients de 11 ans et plus (dès 5 ans pour le Covid-19). Cette activité est subordonnée au suivi d’une formation spécifique, respectant les objectifs pédagogiques fixés par décret paru le 4 décembre 2024 (décret n° 2024-1132) et l’obtention d’une attestation de formation associée. Elle doit se faire sous la supervision et la responsabilité d’un pharmacien formé et présent à l’officine.
Tous les vaccins inscrits au calendrier vaccinal sont désormais autorisés à l’administration en officine par un pharmacien ou un préparateur formé. Cela inclut le vaccin contre la grippe saisonnière, le vaccin Covid, ainsi que les vaccins éligibles à la vaccination en officine (hors vaccins vivants atténués à des personnes immunodéprimées et vaccins du voyageur).
La déclaration d’un acte de vaccination est uneobligation légale. La traçabilité des vaccinations réalisées passe par l’accès aux outils dématérialisés de partage et de stockage de documents, notamment le DP, le DMP et l’espace numérique de santé Vaccination à l’officine : rappel des règles en vigueur | CNOP.
Cette traçabilité est essentielle pour la sécurité du patient et la pharmacovigilance de l’organisme de santé.
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